Mot du Directeur

Les réflexions menées au sein du laboratoire dans le cadre de l’élaboration du nouveau contrat (2018-2022) ont débouché, au terme de débats et d’échanges ayant associé tous les membres du CERSA, sur une reconfiguration significative – sinon sur le fond, du moins sur la forme – des axes de recherche.

Dans le prolongement des travaux de la période récente, le CERSA compte en effet s’interroger, au cours du prochain contrat, sur l’évolution de l’Etat, et notamment sur les transformations et mutations qui affectent aussi bien les formes d’action publique que les modes de régulation normative.

Prenant ses distances avec la vulgate du « déclin » ou du « dépérissement » de l’État, le CERSA part de l’hypothèse d’un processus d’adaptation des techniques classiques de gouvernement, affectant en premier lieu les administrations, sous un ensemble de pressions internes et externes : essor des technologies de l’information et de la communication, explosion des flux transfrontières, mutations du système productif, fragmentation du social, inflexion des valeurs et des représentations collectives, modification de la régulation juridique, développement de l’intelligence artificielle, de la bioéthique et des neurosciences, etc. ; il s’agira de prendre la mesure de ce processus, qui contribue à redessiner les figures du pouvoir, en croisant des angles d’attaque variés (historique, sociologique, juridique, politique) et en recourant systématiquement à une démarche comparative.

Ce projet de recherche sera décliné autour de deux grands programmes recoupant chacun les diverses questions que les membres du laboratoire envisagent d’approfondir : il se proposera d’une part, d’étudier les transformations de l’Etat, les évolutions des bureaucraties et les réformes des politiques publiques ; d’autre part, de s’interroger, en croisant les approches et les perspectives, sur l’évolution des différentes formes de normativités dans les sociétés contemporaines.

 

Programme 1. Transformations de l’Etat et de l’action publique

 

1) Réformes de l’Etat et sociologie des élites

2) Administrations et politiques sanitaires et sociales

3) Politiques étrangère et de sécurité

4) Territorialisation du Droit et de l’action publique

5) Gouvernance des Communs

 

Programme 2. Mutations des normativités

 

1) Evolutions du droit administratif, droit souple et Nudges

2) Droit comparé et droit global

3) Enjeux et normes de la bioéthique

4) Droit, politique et psychisme

5) Blockchain, Intelligence artificielle et humanités numériques

 

En procédant ainsi, c’est-à-dire en configurant le projet de recherche autour de deux grands programmes et non plus, comme dans le contrat en cours, autour de quatre, il ne s’agit pas, bien entendu, de réduire de quelque manière que ce soit le champ des investigations : celui-ci ayant pleine vocation, au contraire, à s’élargir à de nouvelles problématiques, originales car émergentes.

Il s’agit seulement de présenter de manière plus claire et synthétique les principales orientations de recherche conduites au sein du laboratoire en substituant, à un découpage ancien résolument orienté sur un certain nombre de thématiques de recherche, un nouveau découpage mettant davantage l’accent sur des problématiques transversales.

 

 

le 3 décembre 2017

 

Michel Borgetto

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