Mot du Directeur

2016 et 2017 : voilà, à coup sûr, deux années particulièrement importantes pour le Cersa.

2016 : c’est bien évidemment le renforcement substantiel dont a bénéficié l’équipe de chercheurs et d’enseignants-chercheurs ainsi que, au-delà, l’activité scientifique intense développée au sein du Centre qu’il convient d’évoquer.

Le renforcement substantiel de l’équipe, tout d’abord : dans le même temps où elle enregistrait l’arrivée de deux nouveaux membres permanents (un Professeur de droit public et une Maître de conférences de science politique) et de plusieurs nouveaux membres associés (juristes et politistes), cette dernière a vu en effet – compte tenu de la grande proximité et complémentarité des centres d’intérêt des uns et des autres – une partie significative du « Pôle langues » de l’Université Paris 2 (dix enseignants-chercheurs) la rejoindre à titre soit de membre permanent soit de membre associé.

Au final, c’est rien moins que la totalité des axes thématiques du Cersa qui s’est trouvée ainsi confortée par ce mouvement : les travaux et études menés par les nouveaux membres sur des thèmes depuis longtemps au cœur des investigations du Cersa (réforme de l’Etat, droits et politiques comparés, politiques sanitaires et sociales, Droit et littérature, normativités juridiques et nouvelles formes de régulation, processus d’intégration européenne, relations diplomatiques, guerre et stratégie, phénomènes migratoires et reconnaissance des minorités…) ne pouvant que consolider et accroître la capacité de recherche effective du laboratoire. Et c’est aussi, accessoirement, l’une des instances participant au fonctionnement du Centre qui en est ressortie légèrement modifiée, la composition du Conseil de laboratoire ayant été fort logiquement réaménagée afin d’assurer une représentation équilibrée de l’ensemble de ses membres.

L’activité scientifique intense développée au sein du laboratoire, ensuite ; faute de place, il ne saurait être question, dans le cadre de cette « Lettre d’information » qui se doit d’être la plus synthétique possible, de procéder à une revue exhaustive de cette activité (pour une analyse détaillée, v. infra, p. 4 et s.) ; il suffira – pour ne s’en tenir qu’à quelques éléments parmi d’autres – de pointer la douzaine de colloques et de journées d’étude organisés sous l’égide de ce dernier ; de mentionner la dizaine d’ouvrages publiés soit avec son soutien, soit à titre individuel par ses membres (sans même parler des dizaines voire centaines d’articles de revue ou chapitres de livres collectifs écrits par ses membres…) ; de faire état des nombreux séminaires ou cycles de conférences (une dizaine) qui réunissent à intervalles réguliers, autour de thèmes spécifiques ou fédérateurs, à la fois des chercheurs du Centre et des chercheurs extérieurs ; ou encore – ce qui confirme, s’il en était besoin, la dimension réellement collective de la recherche qui y est menée – de signaler la création, à la fin 2016, d’un séminaire général se tenant une fois par mois et se voulant un espace de discussion transversal à l’intérieur du Centre, au-delà des disciplines de rattachement et des thématiques de recherche de chacun…

2017 : c’est sans conteste la préparation du nouveau contrat (2018-2022) qui retient ici l’attention. Comme il se doit, ce contrat s’efforcera de concilier continuité et évolution : s’il s’inscrira dans le droit fil du précédent, il s’ouvrira, cependant, à d’autres champs jusqu’alors peu explorés afin de prendre en compte aussi bien les compétences et recherches de l’ensemble de ses membres que le renouvellement des enjeux et questionnements induits par les mutations du droit et de la société.

Ayant toujours pour matrice la question centrale de l’évolution des États et de la transformation des formes d’action publique, le projet de recherche dont le Cersa sera porteur se déploiera autour de quatre grands axes thématiques prolongeant, complétant, et adaptant les axes antérieurs : globalement, et pour aller directement à l’essentiel, il s’agira d’étudier les transformations de l’État et des politiques publiques (ce qui passera en particulier par l’observation des cultures, modèles et acteurs, l’examen des territorialisations du droit et de l’action publique ou encore l’analyse des stratégies de défense et de sécurité) ; les mutations de l’Etat social (ce qui impliquera notamment que l’on se penche sur les administrations et politiques sanitaires et sociales, sur les politiques de lutte contre les discriminations ou encore les questions cruciales liées à la bioéthique) ; l’hétérogénéité des normativités (ce qui conduira à explorer – le cas échéant dans une perspective comparatiste – les évolutions du droit administratif à travers la place croissante occupée par le droit souple dont l’un des avatars réside dans les Nudges, les rapports qu’entretient le Droit avec le psychisme ou encore les représentations sociales et cultures juridiques) ; le Droit et la complexité à l’heure du numérique (ce qui amènera à s’interroger sur des questions aussi cruciales que celles de la gouvernance des Communs, de l’Open data, des nouvelles technologies de l’internet ou encore des liens entre intelligibilités et légistique).

 

le 23 mars 2017

Michel Borgetto

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